Stop aux idées reçues (Episode 5)
Résoudre le problème du changement climatique sera trop onéreux.
Le changement climatique aura un coût économique extrêmement élevé. C’est ce qui ressort de nombreux rapports et notamment d’une étude menée par l’université de Tufts aux Etats Unis pour les Amis de la terre.
A peine les scientifiques se sont-ils penchés sur le problème du dérèglement climatique que les économistes ont commencé à calculer combien cela coûterait d’y faire face. Une somme tellement importante qu’elle est presque impossible à estimer…
Certes transformer les bases du système industriel et consumériste mondial coutera certainement énormément d’argent, mais il faut en contrepartie penser aux économies gigantesques qui pourront être réalisées si l’on parvient par exemple à convertir une grande partie du système à l’énergie solaire ou éolienne.
Mais combien cela coûterait-il de ne rien faire ?
Le rapport « Changement climatique – le coût de l’inaction » met en évidence les dépenses qui seraient causées par un échec des gouvernements à prendre des mesures pour maintenir la hausse des températures.
Dans ce cas, le coût pour l’économie pourrait atteindre 20 trillions (20 milles milliards) de dollars par an en 2100, soit entre 6 et 8% du résultat économique de cette période. De plus, l’association les Amis de la terre souligne que ces chiffres sont sous-estimés car ils ne tiennent pas compte du coût des pertes en termes de biodiversité ou d’événements climatiques extrêmes.
Ce rapport précise également les sommes comparativement assez faibles qui seraient engagées si les températures étaient maintenues à des niveaux acceptables. Selon lui, les actions entreprises dès aujourd’hui pour limiter la hausse des températures à 2°C permettrait d’éviter 12 trillions de dollars de dommages annuels en 2100. En plafonnant la hausse des températures à 2°C, le coût du changement climatique ne s’élèverait en 2100 « qu’à » 3 trillions de dollars par an.
D’autres rapports se sont penchés sur cette question. Sir Nicholas Stern, conseiller économique du chancelier de l’échiquier britannique Gordon Brown et ancien responsable des études économiques de la Banque Mondiale, a déclaré lors d’une réunion ministérielle du G8+5 au Mexique le 3 octobre dernier que “Lutter contre le changement climatique coûtera beaucoup moins cher que l’inaction, qui serait particulièrement désastreuse pour les pays pauvres”.
Selon Sir Nicholas, la réduction des émissions en vue de stabiliser à long terme la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère autour de 550 ppm CO2 eq aura probablement un coût net de l’ordre de 1% du produit intérieur brut mondial en 2100. À l’opposé, les impacts attendus d’un laissez-faire pourraient coûter jusqu’à 10% du PIB mondial en 2100 et trois à quatre fois plus dans les pays pauvres.
Depuis le début de l’ère industrielle, la concentration de CO2 est passée de 280 à 377 parties par million, soit une augmentation de 30 %, tandis que la concentration d’oxyde d’azote a augmenté de 15 % et que celle de méthane a été multipliée par 2,45.
L’entrée en vigueur du protocole de Kyoto n’est qu’une première étape d’une politique internationale qui, aux vues des récents rapports scientifiques, devra réduire de moitié les émissions mondiales de GES à l’horizon 2050 pour contenir le réchauffement à moins de 2°C d’ici la fin du siècle. Pour les pays industrialisés, cela suppose une division par 4 de leurs émissions afin de laisser la possibilité aux pays émergents de se développer.
Selon le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), le seuil de 2°C marque la différence entre un changement important mais gérable et un dérapage dépassant nos capacités d’adaptation.


Le 16 mars 2010 | Catégories : Stop aux idées reçues! | Par Webmaster
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