STOP aux idées reçues (Episode 2)
« Il nous reste du temps »
Malgré les différents films et reportages qui tentent de nous avertir de l’urgence de la situation, l’idée collective est bien que « nous avons du temps » devant nous…
Mais il se trouve que le temps est sans doute l’élément le plus contraignant de l’équation. La fonte des glaciers est un élément inquiétant qui prouve que la planète se réchauffe rapidement mais il se trouve que ce phénomène va aussi accélérer le réchauffement climatique. Nous sommes donc face à un cercle vicieux où chaque problème ou détérioration de la situation en entraine une autre, par effet « boule neige ».
Plus d’un tiers des rayons du soleil qui atteignent notre planète aujourd’hui sont réfléchis dans l’espace. La glace, surtout aux Pôles, est en grande partie responsable de ce réfléchissement, puisqu’elle renvoie dans l’espace près de 90% de la lumière solaire. L’eau, en comparaison, a un faible pouvoir réfléchissant. Quand le soleil est à son zénith, l’eau ne renvoie que de 5 à 10 % de lumière dans l’espace. Si la glace était remplacée par de l’eau, (ce qui aujourd’hui apparait comme un problème majeur à cause de la fonte des glaciers), la surface de la terre absorberait beaucoup plus de rayonnements du soleil, qu’elle réémettrait sous forme de chaleur. Cela déclencherait des réchauffements localisés qui hâteraient alors encore plus la fonte des glaciers sur les continents, ce qui ferait monter rapidement le niveau des mers.
Il existe beaucoup d’autres phénomènes de ce type comme par exemple le dégel du Permafrost (sols perpétuellement gelés des zones arctiques) qui a déclenché la libération de grosses quantités de méthane qui étaient retenues sous la glace depuis toujours.
Les preuves montrant que les gisements de méthane en Arctique, sous forme de clathrates (Le clathrate le plus connu est l’hydrate de méthane, ce dernier étant la molécule hôte. Cette « glace qui brûle » quand elle dégage son méthane inflammable n’est stable qu’à pression élevée) sont en train de se déstabiliser se multiplient. Une récente campagne océanographique a découvert pas moins de 250 suintements de méthane dans cette région du globe. La menace d’une accélération brutale du réchauffement climatique se précise donc.
Cela fait des dizaines d’années que les géologues et les océanographes savent qu’il existe en bordure des continents de gigantesques zones où s’accumulent des clathrates. Il s’agit de glaces contenant, en plus de l’eau habituelle, des quantités non négligeables de méthane.
Ce dernier est un puissant gaz à effet de serre puisqu’un seul kilogramme de CH4 équivaut à 25 kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère.
Or, si le méthane piégé dans les clathrates est stable dans des conditions de température et de pression données, il suffit que les océans se réchauffent un peu pour qu’il se libère. On comprend aisément, vu le pouvoir d’amplification de l’effet de serre du méthane, que le processus pourrait s’emballer avec libération de plus en plus massive de ce gaz, au fur et à mesure que la température de la planète augmenterait. Les prédictions les plus pessimistes du GIEC pourraient donc devenir non seulement une réalité mais être dépassées, en gravité mais aussi du point de vue de la chronologie.
Les exemples de ce type font que beaucoup d’experts revoient aujourd’hui leurs estimations et annoncent que nous allons devoir renoncer aux énergies fossiles et à notre mode de vie consumériste beaucoup plus tôt que prévu…
A la semaine prochaine pour la suite notre de notre mini-séries sur les idées reçues.


Le 11 janvier 2010 | Catégories : Stop aux idées reçues! | Par Webmaster
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