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De bonne augure : Paquet énergie Climat UE Mars 2008

Le 23 janvier 2008, la Commission européenne a adopté aujourd’hui un ensemble de mesures ambitieuses faisant suite aux engagements pris par le Conseil européen de lutter contre le changement climatique et de favoriser les sources d’énergie renouvelables. Il ressort de ces propositions que les objectifs fixés en 2007 sont techniquement et économiquement réalisables et offrent des perspectives d’activité considérables à des milliers d’entreprises européennes.

Ces mesures donneront un coup d’accélérateur à l’utilisation des sources d’énergie renouvelables dans chaque pays et imposeront aux gouvernements des objectifs contraignants. Ce nouveau train de mesures vise à donner à l’Union européenne les moyens de réduire d’au moins 20% les émissions de gaz à effet de serre et porte à 20% la part d’énergie renouvelable dans la consommation d’énergie d’ici à 2020, ainsi que les dirigeants de l’UE s’y sont engagés en mars 2007. La réduction des émissions sera portée à 30% à l’horizon 2020 lorsqu’un nouvel accord mondial aura été conclu sur le changement climatique.

Plus spécifiquement, concernant les biocarburtants, le mémo rendu par cette mission augure de bonnes nouvelles au niveau de la productiuon d’éthanol en France en terme de moyens, et confirme ce que nous répétons en boucle depuis plus d’un an déjà sur nos pages : l’éthanol est une solution de premier plan pour ce qui est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

“Des préoccupations se sont fait jour quant au caractère durable de la production de biocarburants. Même si les biocarburants constituent un aspect essentiel de la politique des sources d’énergie renouvelables et une solution de premier plan à l’augmentation des émissions dans le secteur des transports, il ne faut les promouvoir que s’ils sont produits d’une manière écologiquement viable. Les préoccupations à ce sujet sont légitimes et doivent obtenir une réponse satisfaisante, même si la majorité des biocarburants consommés actuellement dans l’UE sont produits d’une manière écologiquement viable. La directive fixe donc des critères stricts de viabilité environnementale pour garantir que les biocarburants qui seront pris en compte dans la réalisation des objectifs européens seront compatibles avec un développement durable et ne compromettront pas nos objectifs environnementaux globaux. Cela signifie qu’ils doivent permettre de réaliser des économies minimales d’émissions de gaz à effet de serre et respecter plusieurs exigences relatives à la biodiversité. Ces mesures permettront notamment d’éviter que des terres présentant une valeur élevée en termes de biodiversité, comme les forêts naturelles ou les zones protégées, soient utilisées pour la production de matières premières des biocarburants.
La production de biocarburants est plus coûteuse que d’autres formes d’énergie renouvelables, et elle ne sera pas développée en l’absence d’objectif minimal distinct pour les biocarburants. Cela est important, car c’est dans le secteur des transports que les tendances des émissions de gaz à effet de serre sont les plus alarmantes et les biocarburants constituent l’une des quelques mesures, avec l’amélioration du rendement des carburants, dont on peut dire de manière réaliste qu’elles sont susceptibles d’avoir un impact considérable sur les émissions provenant des transports. En outre, la dépendance du secteur des transports par rapport au pétrole constitue le problème le plus grave en ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement. Enfin, il nous faut adresser les signaux appropriés pour l’avenir: les vieilles voitures de 2020 sont construites aujourd’hui. Il faut donc que les constructeurs de véhicules sachent pour quels types de carburants elles doivent être conçues.

Téléchargez le mémo sur le paquet de mesures prises dans les domaines des sources d’énergie renouvelables et du changement climatique en cliquant ici !

Source : Mission Interministérielle de l’effet de serre.
Crédit photo : JP Monette.

Commentaires

Commentaire de DAVID | Le 24 janvier 2008 à 16:07

Me voila rassuré, apres l’achat de ma mondéo j’avais peur d’avoir fait un pari risqué, miltant mais risqué. Ouf merci pour ces infos

Commentaire de Andrea.f | Le 24 janvier 2008 à 17:51

De rien !!! :-) On continue, on ne lâche rien, l’avenir vert est devant nous !

Commentaire de Auguste | Le 24 janvier 2008 à 19:16

Prosélytisme du lobby de l’automobile ?

Qui va contrôler le bio de la production au brésil, en indonésie ? Famine au Mexique par manque de maïs dorénavant utilisé pour le carburant du voisin américain.

Mais il faut vendre les voitures utilisant cette technologie, quitte à continuer à foncer dans le mur …

Déprimant.

Commentaire de Andrea.f | Le 25 janvier 2008 à 10:33

Et on fait quoi en attendant ? On attend que tout la banquise fonde ? Vous avez une solution à nous proposer ?

Commentaire de Auguste | Le 29 janvier 2008 à 16:11

Cela ne fera qu’accentuer le problème, la viabilisation des terrains et leur culture en vue de la production d’éthanol donne un bilan écologique largement négatif.
Sans parler des déséquilibres alimentaires, dans un monde ou le mais servira à faire rouler les véhicules.

Des solutions ? Je ne suis pas ingénieur, et je ne travaille pas dans une entreprise de production de voitures, vous devez être plus au fait que moi. L’éléctricité peut-être ? L’hydrogène ?

Je sais bien, il faut rendre l’utilisateur dépendant et gagner aussi à la pompe. Ce qui ne sera pas le cas avec certaines technologies.

Commentaire de paul-henri | Le 29 janvier 2008 à 17:54

Auguste,

il faut voir la vérité en face ! Aucune étude scientifique indépendante ne donne un bilan écologique négatif (et encore plus “largement négatif”) à la filière éthanol …

Je ne pense pas que les déséquilibres alimentaires mentionnés soient véritablement le fait de l’éthanol, mais surtout des très mauvaises récoltes partout dans le monde (niveau des réserves historiquement bas). Ces mauvaises récoltes sont dues aux dérèglements climatiques !
Il serait donc plus plausible mais plus difficile à penser pour notre conscience que le déséquilibre alimentaire est dû tout simplement à notre utilisation irresponsable du pétrole ! Surtout quand on voit la part des produits servant à faire de l’éthanol (très faible) et le niveau de surproduction de sucre au niveau mondial (pour rappel la majeure partie de la production d’éthanol se fait à base de canne à sucre et betterave à sucre) !

Pour ce qui est des technologies futures type hydrogène et électricité, ce sont plus des vœux pieux que de réelles alternatives propres. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un parc nucléaire aussi imposant que le notre pour produire de l’électricité sans CO2 … On brûle encore beaucoup de charbon, de pétrole et de gaz pour produire de l’électricité ! Alors rouler à l’électricité ne rime pas souvent avec rouler propre. Et c’est le même constat pour l’hydrogène que l’on produit actuellement à partir de gaz naturel (ce qui émet beaucoup de CO2 …).

Rouler propre est un objectif, alors prenons les devant pour faire bouger les choses

Commentaire de Un cycliste de plus et une voiture en moins | Le 30 janvier 2008 à 5:15

@Paul henri,
Mais ouvrez donc les yeux, il y a encore peu, un document publié par l’Institut International de Recherches sur les Politiques Alimentaires concluait que la production d’agrocarburants « a actuellement des effets négatifs pour les pays pauvres à cause du niveau des prix et de la volatilité des prix » et que si les pays respectaient leurs objectifs pour les agrocarburants, il en résulterait une baisse de la consommation de calories alimentaires partout dans le monde.

De plus, la récente publication du rapport « Biocarburants dans le contexte européen » rédigé par le Centre Commun de Recherche (Joint Research Center http://ec.europa.eu/dgs/jrc/index.cfm ), l’organisme scientifique interne de la Commission européenne, fait une analyse des avantages/inconvénients des agrocarburants, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de la sécurité des approvisionnements et de la création d’emplois.

Le rapport donne clairement un zéro pointé dans ces trois domaines :

- Diminution des émissions des gaz à effet de serre : à cause des effets indirects lors de la culture des agrocarburants, le Centre Commun de Recherche conclut qu’on n’a « aucune certitude que l’objectif d’incorporation de 10% d’agrocarburants dans les carburants automobiles va permettre ou pas d’économiser des gaz à effet de serre ». Le rapport explique que, contrairement à ce qu’on pensait précédemment, l’utilisation d’engrais azotés a une incidence nettement plus importante sur les émissions de gaz à effet de serre et que le changement de vocation des terres (déforestation, drainage de tourbières ou labourage de pâturage) pouvait potentiellement relâcher suffisamment de gaz à effet de serre pour annihiler les gains des agrocarburants de l’UE.

- Sécurisation de l’approvisionnement : l’UE ferait mieux d’investir dans des capacités de stockage supplémentaires pour créer une réserve de pétrole stratégique afin d’amortir les chocs à court terme sur l’approvisionnement, plutôt que d’investir (des sommes beaucoup plus importantes) dans les agrocarburants qui ne donneront qu’une réponse limitée au problème de l’insécurité des approvisionnements. « Il y aurait un effet positif, mais son importance est minime comparée aux coûts » rajoute le rapport.

- Création d’emplois : la création potentielle d’emplois risque de n’être qu’un voeux pieu puisque les gains dans le secteur des agrocarburants seront probablement compensés par des pertes dans d’autres secteurs touchés par cet objectif. Toujours d’après le Centre Commun de Recherche, « L’effet net sur l’emploi sera insignifiant ».

- L’analyse « avantages/inconvénients » : on peut lire dans le rapport que « Les inconvénients de l’utilisation des agrocarburants pèsent plus lourd que les avantages ». Il y est calculé qu’en fixant cet objectif obligatoire sur les biocarburants, on ponctionnera les caisses publiques, avec une probabilité de 80%, d’une somme comprise entre 33 et 65 milliards d’euros ».

Le rapport conclut en affirmant qu’ « en utilisant les mêmes quantités d’argents et de biomasse, on pourrait obtenir une diminution des gaz à effet de serre nettement plus importante, uniquement en fixant des objectifs globaux, au lieu de les limiter aux seuls transports ».

Aussi je vous invite, vous et votre bio power team (Ahahaha Pardonnez moi, mais que c’est bon de rire parfois) à retravailler votre pratique du greenwashing ; )

http://www.foeeurope.org/agrofuels/
http://www.foeeurope.org/press/2008/Jan10_Saab_warned_greenwash.html

Avancer proprement est un objectif, alors prenons les devant pour faire vraiment bouger les choses.

Commentaire de paul-henri | Le 30 janvier 2008 à 18:05

Merci Auguste pour votre franc parler !

Votre commentaire montre des arguments de la commission Européenne, la même qui a finalement retenu le Biocarburant comme faisant partie des solutions alternatives dès aujourd’hui et pour le futur…
La note du JRC est une note interne sans doute retirée de son contexte. La seule Etude du JRC (de 2006) montre un bilan global largement positif en matière environnemental. Le Rapport Prost quant à lui donne des chiffres et non des opinions ! Sachez que les choses ne sont souvent pas blanches ou noires.. En effet produire du Bioéthanol aux USA avec une vieille usine alimentée au charbon n’aura pas un bon bilan. Que l’agriculture intensive sans réglementation et limitation comme aux USA aura un impact (mineur) sur le cours de la denrée. En effet produire du BioDiesel en Indonésie en brulant de la Foret Primaire n’est sans aucun doute pas la bonne manière ! En France, la production d’éthanol provient à plus de 3/4 du jus sucré de betteraves soit le meilleur rendement et bilan possible sous nos lattitudes. Savez vous que la consommation de sucre s’écroule dans le monde ? Ainsi cette production pallie la surproduction. Je ne croit pas que le cours de la betteraves est particulièrement augmenté ces dernieres annees… En revanche il faut aussi prendre en compte la réalité. Le pétrole devient de plus en plus cher, et donc le prix de chaque chose, y compris le prix du blé, sont impacté par le cours du baril. Ce qui a le plus augmenté ces dernieres années, c’est le prix de l’or noir et non celui des denrées comme le Blé. Enfin, dans notre pays, il y a plusieurs usines qui pourraient abrever jusqu’à 250 000 voitures pour chacune d’entre elles, roulant à l’E85. C’est de la création pure d’emplois, c’est aussi de la réduction de facture énergétique.

En conclusion, comme chaque chose, pensez au pétrole issu de schistes bitumineux…, il faut faire les choses avec bon sens. Une agriculture raisonnée, encadrée, avec des cultures dédiées au biocarburants et présentant un bilan positif (prouvé et suivi) ne serait il pas la meilleur des choses ?

N’oubliez pas que ca chauffe !

Commentaire de Auguste | Le 1 février 2008 à 20:37

Ce n’était pas moi plus haut. Mais j’approuve le fond.

Une dernière études de scientifiques, qui date d’il y a quelques jours :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/02/01/les-scientifiques-s-interrogent-sur-l-interet-ecologique-des-agrocarburants_1006258_3244.html#ens_id=965049

Les lobbies nous tuerons, nos enfants avec.

Commentaire de paul-henri | Le 4 février 2008 à 13:26

Je ne pense pas qu’il faille faire la politique de l’autruche en ne regardant qu’un coté du problème.
Si on regarde ce nouvel article : http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/01/30/emissions-record-de-co2-sur-un-gisement-gazier-norvegien-en-arctique_1005323_3244.html#ens_id=965049

Il met ici en évidence un fait : le procès que l’on fait aux biocarburants, qui est légitime et souhaitable (pollution du puit ou champ à la roue) n’est jamais fait au carburants fossiles. Et je ne parle pas des schistes bitumineux qui dégagent une quantité importante de méthane dans l’atmosphère !
Le but n’étant pas de dire ici tout est beau avec l’E85, mais c’est déjà mieux !
Vous parlez de lobbyistes, mais les lobbyistes qui tuent notre planète sont ceux des pétroliers. Ils nous endorment ou nous donnent un peu de grain à moudre sur des problèmes annexes (même s’ils sont légitimes et c’est là toute la force de ces professionnels !). Le pétrole est de plus en plus difficile à extraire et donc sa production pollue de plus en plus mais cela on préfère l’oublier quand on utilise sa voiture tous les jours et quand il y a beaucoup d’argent en jeu.

On parle de millions de tonnes de CO2, mais comme le CO2 est un gaz transparent, personne ne se rend pas compte du problème …

Mais surtout, on fait quoi en attendant ? Demain matin ? En plus de réduire nos dépenses d’énergies…

Commentaire de Auguste | Le 7 février 2008 à 17:41

Vous enfoncez des portes ouvertes : le pétrole pollue, on le sait. L’industrie pétrolière pollue, rien de nouveau.

Le E85 n’est pas mieux, personne ne peut sérieusement affirmer cela. C’est une contre-vérité.

Les Nécro-carburants polluent au moins autant pour leur production, diminuent les surfaces arables au profit de l’alimentation, diminuent les surfaces de forêt, et que pas une seule étude scientifique non diligentée par les fabricants de voitures qui roulent à l’éthanol n’a mis sérieusement en garde contre les dangers de ce carburant.

Lobbyisme, oui. Nous sommes sur un site animé par un des plus importants fabriquants mondiaux de véhicules et qui essaie de vendre sa soupe en essayant de jouer la carte écologie. Alors que ce n’est qu’un leurre, il n’y a aucune considération écologique, sinon ce serait autre chose qui serait proposé sur ce beau site vert, et les arguments contre seraient, eux-aussi, exposés. Je salue cependant la liberté de parole accordée, en faisant apparaître les avis et arguments opposés.

Quelles solutions ? Elles existent : L’hydrogène, l’électricité …

Mais ces solutions libèrent le consommateur captif des pompes à “carburant”. Et toutes ces technologies qu’on a developpées qu’il faut bien amortir en les vendant. Non, vraiment, vous refaites le coup du “on savait pas”, “c’est mieux que rien”.

Commentaire de Andrea.f | Le 8 février 2008 à 16:14

Auguste,

Je suis ravie de voir que vous avez noté que ce site est véritablement un lieu collaboratif et d’échange. Nous sommes une équipe de passionnés et, comme vous avez pu le voir, nous agissons en notre nom personnel et non pas au nom de la marque Saab, même si, et nous ne nous en cachons pas, nous travaillons presque tous chez Saab. Il n’y a donc pas de “loup” sur ces pages, et pas de lobby, comme vous l’affirmez.

Mais le débat n’est pas là.

Une nouvelle étude de l’ADEME va sortir en mars concernant les biocarburants. Vous verrez grâce à celle-ci que le débat que nous avons ajd sur ces pages est stérile. Le bioéthanol est bel et bien l’avenir immédiat et la seule solution disponible pour rouler propre. Les véhicules hydrogènes ou électriques ne permettent pas encore de remplir le cahier des charges des usagers. Encore faudra-t-il aussi que ces technologies soient réellement propres ! En effet, qu’allons nous faire des batteries usagées équipant les hybrides par exemple quand elles seront hors d’usage…

Pour conclure ma réponse :
-> Oui, nous travaillons chez Saab mais nous parlons ici en notre nom perso. Vous remarquerez que nous ne faisons aucune publicité pour la marque ou les produits. D’ailleurs, nous publions même des articles faisant référence à d’autres marques/produits.
-> Oui, nous sommes ouverts au débat, et c’est bien l’objet de ces pages.
-> Oui, nous sommes une équipe de passionnés d’environnement et nous pensons que l’éthanol est LA solution pour ces 20 prochaines années.
-> Nous ne sommes pas les seuls à penser ainsi, Alain Prost par exemple, que nous avons croisé avant-hier est du même avis que nous. Nous vous devons une vidéo sur ces pages cette semaine…

A très bientôt alors :-)

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