Le Biodiesel : une bonne solution mais qui apporte certains risques
Dans notre parc automobile français largement diésélisé, l’incorporation de biocarburants à hauteur de 5.75% et plus tard à hauteur de 10 % suivant les directives européennes va tirer la consommation de biodiesel vers le haut.
Le but est de savoir, comme pour l’éthanol, si le biodiesel (ou diester) a réellement des vertus écologiques pour avoir une vision claire de la situation.
Le premier constat que l’on peut relever : la France ne produit pas assez de diesel et produit trop d’essence. Elle importe donc du diesel de Russie et exporte de l’essence aux Etats-Unis pour fournir son propre marché. La question à se poser est donc de savoir si on importe aussi du biodiesel.
Je n’ai pas d’information directe pour infirmer ou confirmer ce dernier point. On peut juste voir à partir de ce site Produire du Diester, c’est préserver les cultures alimentaires que la France a l’air d’avoir des capacités suffisantes pour son marché, ce qui n’a pas l’air d’être le cas de l’Allemagne : L’Allemagne roulera au biocarburant malais. Il faut toutefois savoir que l’Allemagne commercialise du B30 dans plus de 1500 stations service.
En effet, importer du biodiesel malais ou indonésien n’est pas une bonne solution : en effet, ces cultures d’arbres à palmes ou de soja entrainent une déforestation massive. Ce qui n’est pas une solution acceptable et cela dénature l’intérêt écologique des biocarburants.
Le deuxième point à voir est le carburant final que l’on peut utiliser dans les véhicules. On ne parle à l’heure actuelle que de B30 pour 30% de biodiesel et 70% de gasoil. Le gain effectif environnemental est dès lors plus limité que l’E85 où l’on a 85% de biocarburant.
C’est pour des raisons purement techniques que les moteurs ne peuvent admettre que du B30. Le biodiesel est en effet plus visqueux que le gasoil classique et pose donc des problèmes de compatibilité avec toutes les dernières technologies d’injection diesel qui ont permit d’abaisser les émissions polluantes de ces moteurs. En effet, seuls les vieux moteurs diesels n’ayant pas tous les raffinements actuels d’aujourd’hui (injecteurs et injection directe, rampe commune, filtre à particules, vanne EGR, …) acceptent des taux de biodiesel supérieurs.
Le B30 présente donc des gains écologiques potentiels plus faibles que le Superéthanol E85 et ne résout pas le problème des émissions de particules propres au diesel. Il va falloir continuer à travailler sur le sujet pour donner un gain écologique global bien meilleur à cette solution d’avenir pour l’automobile qui en est une parmi bien d’autres.

Le 17 avril 2008 | Catégories : Biocarburants, Info d'ailleurs, News | Par Laurent.B
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