Roulons Propre Roulons Nature

Idées reçues sur l’agriculture

Après avoir citer directement un premier « mythe » dans un billet précédent :

Mythe n° 1, il n’y a pas assez de nourriture pour tous : En réalité il y a abondance et non pénurie. La production mondiale de blé, riz et autres céréales est suffisante pour fournir à chacun 3 500 calories par jour, sans compter les féculents, légumes, noix, racines, fruits, viande et poisson. Nous pouvons apporter l’équivalent de 2 kg de denrées, par jour et par personne, à toute la planète : 1,2 kg de céréales, graines et noix, environ 450 g de fruits et légumes, et presque autant de viande, lait et oeufs. C’est suffisant pour rendre tout le monde obèse ! La difficulté est que beaucoup sont trop pauvres pour acheter ces denrées. Même les pays qui souffrent de famine endémique auraient aujourd’hui la capacité de nourrir leur population, beaucoup d’entre eux étant des exportateurs agricoles !

Il y a deux autres idées reçues très intéressantes issues de ce lien du site naturavox.fr :

Mythe n° 3, la surpopulation : En réalité, les taux de natalité sont en train de décroître rapidement au niveau mondial, alors que les dernières régions du tiers monde à parvenir à ce stade amorcent leur transition démographique - lorsque le taux de natalité chute en réponse au déclin de la mortalité. Bien que la croissance démographique reste une préoccupation sérieuse dans nombre de pays, on ne peut, en aucun cas, justifier la faim qui y sévit par la densité de la population. Face à des pays comme le Bangladesh, surpeuplé et pauvre en ressources, nous trouvons le Nigeria, le Brésil ou la Bolivie, où la faim coexiste avec d’abondantes ressources alimentaires. Le Costa Rica, avec une surface cultivée par habitant de moitié inférieure à celle du Honduras, a une espérance de vie moyenne de onze ans supérieure à celle de son voisin. Elle approche des normes occidentales et c’est assurément un indicateur du degré de nutrition de la population. La démographie galopante n’est pas la cause première de la faim (…)

Mythe n° 4, augmenter la production alimentaire peut nuire à l’environnement : Nous devrions certes nous inquiéter d’une crise écologique qui menacerait notre production alimentaire ; mais les besoins mondiaux ne sont pas tels qu’il nous faille sacrifier l’équilibre de la planète. Ce ne sont pas nos efforts visant à nourrir les affamés qui peuvent être la cause d’une catastrophe écologique. Les principaux responsables sont les multinationales qui pratiquent la déforestation dans les pays pauvres et soutiennent la demande artificielle qu’elles ont créée dans les pays riches pour les bois tropicaux, les fruits exotiques et les légumes hors-saison. La plupart des pesticides utilisés dans le tiers monde concernent les productions agricoles d’exportation, ce qui ne contribue guère à lutter contre la faim. Aux Etats-Unis, les pesticides permettent d’offrir au consommateur des denrées plus appétissantes que nature, mais n’améliorent en rien leur valeur nutritionnelle. Pourtant, il existe déjà de nombreuses alternatives en matière de culture saine, et bien d’autres encore sont à l’étude. Le succès de l’agriculture biologique, aux Etats-Unis, laisse augurer des changements positifs. Les résultats spectaculaires de Cuba, sorti de la crise alimentaire de ces dernières années par l’application d’une politique agricole autosuffisante sans utilisation de pesticides, constitue également un exemple. Les alternatives agricoles respectueuses de l’environnement sont plus productives que les techniques destructrices.

On est donc bien loin ici de tout ce qui est dit sur la responsabilité des biocarburants dans la famine et la pollution dans le monde. Il n’y a pas besoin de rajouter grand-chose …

Source : http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=3220

Commentaires

Commentaire de JC | Le 2 mai 2008 à 19:43

Tout le monde a lu, vu ou entendu ces derniers temps des articles et reportages tirant à boulets rouges sur les bio-carburants, et en premier lieu le E85. Les bio-carburants sont la cause de tous les maux de la planète, pollutions, famines, flambée des prix des céréales à travers le monde, tel est, en substance se qu’on nous raconte.
Je me suis donc demandé comment est-ce possible que le peu de véhicules roulant au bio-éthanol à travers le monde peuvent influencer autant les marchés, surtout si l’on tient compte du fait que le Brésil, avec son parc de 7 millions de véhicules Flexfuel, utilise la canne à sucre pour produire son bio-éthanol. En Suède, ils utilisent du bois, et en France de la betterave. Quel rapport avec l’envolée du cours du soja?
Ensuite, on entend qu’un agriculteur doit utiliser ses terres pour produire de la nourriture et non du carburant. Oui, dans le principe, mais l’un n’empêche pas l’autre. Si les Bio-carburants de 2ème génération utilisent les déchets de production du maïs, par exemple, pourquoi ne pas en parler? Et quid des producteurs de lin et de coton? Jusqu’à preuve du contraire, on ne mange pas de coton…
Je suis étonné de la virulence des actions menées tambour battant devant les caméras de télévisions, comme la semaine dernière, où des activistes ont neutralisé une pompe E85 en région Parisienne (vu au 13H de France 2), en argumentant autour de tout ce que je viens de citer plus haut. Et pour bien impressionner l’audimat, d’affirmer qu’un plein de E85 représente l’équivalent en blé servant à fabriquer 1000 baguettes de pain (ce dont je doute fort, surtout si le E85 est fabriqué avec des betteraves…).
Tout ceci me laisse à penser qu’une gigantesque campagne visant à couler les bio-carburants, avec en tête le bio-éthanol, est en cours.
Suis-je parano, ou d’autre personnes ont-elles le même sentiment que moi?

Écrire un commentaire





Roulons Propre Roulons Nature