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Attention, planète en danger ! L’éthanol et la désinformation.

Dans notre jargon de « Bio-prophètes », nous utilisons le terme « Bio-sceptique », pour qualifier d’une part ceux qui ne croient pas au développement du Superéthanol E85 en France, et d’autre part ceux qui présentent des chiffres sortis de leur contexte pour en faire des arguments qui n’ont pas réels fondements.

Ainsi on entend souvent des « Bio-sceptiques » dire que le bilan énergétique de l’éthanol en France n’est pas satisfaisant car il nécessite presque autant d’énergie pour en produire qu’il n’en restitue.

DOUBLEMENT FAUX : les recherches menées par des fabricants d’éthanol leurs permettent aujourd’hui de produire 2 litres de bioéthanol en consommant 1 litre d’équivalent pétrole. Savez vous qu’aujourd’hui pour produire 1 litre de pétrole il faut plus d’un litre de pétrole ? C’est à dire que pour 1 litre d’essence dans votre réservoir, il a fallut produire plus de 2 litres ! Par rapport à la filière essence, la filière éthanol (de la production à l’utilisation) produit 2,5 fois moins de gaz à effet de serre et a un rendement énergétique 2,3 fois supérieur. (source : ADEME)

Deuxième argument utilisé en défaveur des biocarburants : les besoins en matières premières pour la production d’éthanol destinée à l’automobile va perturber les productions actuelles dont les cultures sont destinées à l’alimentation… Manger ou rouler, il va falloir choisir !

FAUX : Tout d’abord, en France, il faut savoir qu’une partie des productions de bioéthanol se fait par l’utilisation de terres qui sont en jachère. C’est-à-dire qu’elles ne sont destinées à aucun débouché. Encore un argument de plus pour dire que les biocarburants ont un réel impact positif sur l’environnement puisque l’utilisation de ces terres en jachère implique la production de matières premières, qui passe par une photosynthèse… Qui dit photosynthèse dit absorption de CO2 dans l’atmosphère.
D’autre part, la consommation de bioéthanol est encore faible. Pour changer le parc automobile français, il faudrait plus de 15 ans (la moyenne d’âge du parc est d’aujourd’hui de plus de 8 ans), donc si l’engouement des français pour ce nouveau carburant était unanime, c’est-à-dire si les 32 millions de véhicules en France fonctionnaient au Superéthanol E85 (rappelons le 15% d’essence, 85% de bioéthanol), les quantités consommées ne nécessiteraient l’utilisation que de 15% des ressources agricoles de la France grâce au biocarburant de seconde génération qui lui devrait être disponible dans moins de 5 ans. Le Canada a déjà une unité de production d’éthanol de seconde génération.

Autant de raison pour confirmer que la production de bioéthanol ne perturbera pas les productions destinées à l’alimentation, et que nous pourrons manger et rouler bio en même temps (attention toutefois à ne pas perdre le contrôle de votre véhicule si vous tenez un sandwich dans une main et conduisez avec l’autre).

Autre argument des « Bio-sceptiques » : Le Biocarburant fait exploser le prix des denrées alimentaires ! Regardez ce qui se passe au Mexique ! Les tortillas n’ont jamais été aussi chères ! Et le prix du lait ?

FAUX : les Tortillas sont fabriquées à partir de mais blanc et le Biocarburant à partir de mais jaune aux USA. Il n’y a pas de lien entre les deux ! La Tortillas a augmenté parce que le plus important fournisseur mexicain a déposé le bilan.
Le prix du lait est fixé selon 5 variables dont le prix du mais ne rentre pas en compte… Alors aucun rapport.
Enfin, n’oubliez pas que le prix du transport augmente à cause… Du prix de l’énergie fossile… Le pétrole !

Autre point intéressant sur lequel il est intéressant de répondre : le transport de l’éthanol… Par bateau, qui coûte et dégrade l’environnement.

FAUX : le Superéthanol que l’on trouve aujourd’hui dans les 91 pompes françaises ouvertes est issu à 100% des sols français. La comparaison avec le pétrole qui vient souvent du Moyen-Orient par des tankers immenses et le Superéthanol E85 transporté par de petits camions citernes sur de petites distances n’est pas valable.

Alors, en voyant tout ces faux débats avec le bouc émissaire du biocarburant, on peut se demander à qui profite le crime… En tout cas pas la planète !

Commentaires

Commentaire de Sanji | Le 7 juillet 2007 à 6:13

Merci.
Sans être un “bio-sceptique”, j’avais lu tous ces points, et je me posais des questions. La dernière chose qu’il manque à cet article, ce sont les sources.

Commentaire de Sanji | Le 7 juillet 2007 à 7:22

Je voulais tout de même nuancer en précisant un point concernant les augmentations du prix des aliments à base de maïs.
Le problème (s’il existe) ne vient pas du maïs utilisé, mais que les paysans/producteur remplacent leur production de maïs alimentaire par du maïs destiné à la production d’éthanol. Ca leur rapporte plus.
Il y a bien un lien entre les 2 : je vire mon maïs blanc et je mets du jaune, et j’améliore ainsi mes revenus…

Ensuite sur les jachères. N’y a-t-il pas des obligations de jachères tournantes en France ? Si c’est le cas, on ne pourrait pas utiliser les terres en jachère, quel que soit l’usage…

Encore une fois, je suis plutôt un pro-éthanol (je fais des essais sur ma coccinelle), mais j’ai quand même le sentiment que certaines institutions tentent de nous mener par le bout du nez.

Commentaire de Laurent | Le 9 juillet 2007 à 12:08

Merci pour être quelqu’un qui recherche les informations les plus précises et objectives possibles !

Pour répondre à vos questions :

Mais blanc et Mais jaune : Sachez qu’en France, il y a 2 prix pour les matieres agricoles : les produits alimentaires et les produits non-alimentaires. Un agriculteur ne produira des biocarburants que si son quota de produit alimentaire est atteint car le prix des denrées non-alimentaires est moins élevé.

Jachère : Les Jachères tournantes telles que nous l’entendons, sont une reminiscence de nos cours d’histoire sur le moyen age. En effet aujourd’hui si les terres sont en jachère ce n’est pas pour faire reposer la terre mais bien pour eviter la surproduction destructrice de cours monétaire ! C’est comme si un Pays utilisait son imprimerie pour fabriquer des billets de banque en ne se limitant pas : le prix de l’argent serait de plus en plus faible car surabondant. La jachère est le fruit de la PAC. (jusqu’en 2012…).

Pour les sources : elles sont multiples, mais je vous convie à faire un tour sur le site http://www.foodandfuelamerica.com site de salubrité public !

J’espere que vous deviendrez un bioconvaicu !

Commentaire de Sanji | Le 17 juillet 2007 à 6:07

Mon doute persiste : il y a bien des prix différents, mais quasiment identiques dans les faits, et tirés vers le haut. L’ONU vient de produire un rapport à ce sujet qui évoque la hausse d’une part, et les inquiétudes en particulier pour les populations pauvres des pays émergeants.

Et le site “Food & Fuel America” est tout de même très partisant. Tous les posts assènent le leitmotiv “il n’y a pas de concurrence”, leurs liens ne parlent que d’éthanol… En résumé, ils ne font vraiment pas partie des sites que je trouve convaincants.

Je suis un “bioconvaincu” de principe, mais je veux être sûr du coup, puisque pour une fois, on a le choix. Alors si je peux éviter d’appuyer sur la tête de ceux qui se noient…
Surtout qu’au rythme auquel on avance, on aura des voitures électriques performantes avant que l’éthanol ne soit généralisé…

PS: Wow ! Je viens de découvrir que l’on peu redimensionner la zone de saisie des commentaires. Cool ! ;-)

Commentaire de Sanji | Le 17 juillet 2007 à 6:21

Le lien que je cite dans le précédent commentaire est un résumé du rapport complet .

Commentaire de Laurent | Le 19 juillet 2007 à 19:20

En effet les prix augmentent et le différentiel entre alimentaire et non-alimentaire subsiste.
Mettez vous à la place d’un agriculteur d’un pays émergent :
Avant il était en concurrence avec une agriculture subventionnée et surproductive et ne pouvez donc concurrencer les paysans des pays développés.
Aujourd’hui, il va pouvoir vendre le fruit de son labeur au juste prix alors qui est gagnant ? Tous le monde car l’agriculture reprend sa juste place et sa juste valeur.
Quant est il de l’éthanol au milieu de tous cela ?
La 2ème génération arrive à grand pas (sf au Canada où la 1ere usine éthanol plante entière fonctionne déjà…) d’ici qq années nous n’aurons plus à utiliser des denrées alimentaires pour les transformer en éthanol et ce débat n’existera plus.
Enfin, n’oublions pas que le prix des carburants n’a jamais été aussi haut et impact l’économie entière y compris les denrées alimentaires…
Soyez persuadé, que le biocarburant est le carburant d’aujourd’hui et de l’avenir !

Commentaire de Sanji | Le 20 juillet 2007 à 19:32

Là, je suis d’accord, et j’attends beaucoup de cette fameuse (même si théorique pour l’instant) 2nde génération.
En revanche, je pense que le carburant de l’avenir n’existe pas. Même la PAC semble morte-née. Je crois que seul l’électrique nous permettra de continuer à rouler avec des véhicules persos. Mais ça n’est qu’un ressentis.

Commentaire de Andrea.f | Le 23 juillet 2007 à 11:51

Le pb de l’électrique pour le moment, c’est qu’il n’est pas encore capable de concurrencer les voitures classiques en terme d’agrément de conduite et d’utilisation (place des batteries, autonomie, vitesse, reprise…).
Aussi, un renfort avec un moteur classique est necéssaire (hybride), et, une Prius par exemple, émet autant de CO2 fossile qu’un autre véhicule de taille inférieure sur route. Il n’y a qu’en ville dans les embouteillages que le gain est indiscutable.
Aussi, et le pire, c’est que l’on ne sait pas encore recycler les batteries de ces fameuses autos et les composants de ces batteries sont hautement polluants.
L’hybride et l’électrique sont pê des véhicules d’avenir, à voir, mais on fait quoi pour notre planète demain matin ?
Bonne journée,

Commentaire de lucas | Le 31 juillet 2007 à 9:05

Il est tout de même difficile de nier les doutes soulevés par de nombreux scientifiques, et relayés par des institutions internationales, sur les conséquences de l’emploi massif de biocarburants dans le monde. D’après ce que l’on peut lire ça et là, il sont une solution très partielle et provisoire à nos problèmes d’énergie. Parler de carburant d’avenir est un peu péremptoire.

L’exemple américain est par ailleurs l’un des plus mauvais. J’ai lu récemment un article rapportant que l’une de leurs instances avait établi un rapport accablant sur le bilan eco-énergétique de l’éthanol. Il soulignait par ailleurs que le bilan des oléagineux était nettement supérieur.

Pas mal d’article sur le net abordent également le cas de pays du tiers monde qui se sont lancés dans des projets délirants de culture qui saccagent un peu plus l’écosystème (une recherche sur malaisie+biocarburant donne un résultat à la lecture peu encourageante).

Commentaire de baye_fall_61 | Le 4 septembre 2007 à 18:05

Bonjour,

Laurent dit “Avant il était en concurrence avec une agriculture subventionnée et surproductive et ne pouvez donc concurrencer les paysans des pays développés.
Aujourd’hui, il va pouvoir vendre le fruit de son labeur au juste prix alors qui est gagnant ? Tous le monde car l’agriculture reprend sa juste place et sa juste valeur.”

Mais en France et en Europe les biocarburants seront subventionnés et les politiques agricoles pousseront toujours à la surproduction (même pour les biocarburants)

Je ne vois pas en quoi un agriculteur des pays pauvres sera avantagé par la culture de biocarburant??

De plus concernant les jachères, ces milieux ont un rôle important pour la conservation de la biodiversité (insectes, oiseaux,…) donc transformer les jachères en cultures n’est pas sans impact comme Laurent semble le dire…

Une autre question concernant les productions de denrées alimentaires et non alimentaires. La multiplication des cultures à des fins de biocarburants ne risque t’il pas de créer un danger d’ INTENSIFICATION des pratiques agricoles.

En effet, les agriculteurs pourraient vouloir se réserver des parcelles pour la prod de cultures pour les biocarburants (colza, betterave,…) afin d’avoir des revenus supplémentaires. Ainsi ils seraient tenter d’atteindre leur quota de denrées alimentaires sur moins de parcelles. Ce qui engendrerait, une nouvelle fois, des risques d’intensifications des pratiques de production (fertilisation plus important, arrasement de haies,…)

Ce probléme n’est pas simple et encore tout nouveau, c’est pourquoi de nombreuses interrogations se créent….

Néanmoins, à l’heure actuelle, la politique pro éthanol présente l’avantage de booster les avancées dans ce domaine et de mettre au point, comme c’est déjà le cas au Canada, des usines de 2nde génération. Car, avec ces usines, le bilan énergétique sera, semble t’il, nettement à la faveur de l’éthanol vis à vis de l’essence et du gasoil, alors qu’actuellement l’avantage de l’éthanol n’est pas très net d’un point de vue pollution (de la production à la combustion) selon les diverses études scientifiques que j’ai lu.

Commentaire de grandjean hugues | Le 16 septembre 2007 à 18:13

bonjour a tous y a t il un reel danger d’utiliser une cheminee au bioethanol?
merci d’avance

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