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Biocarburants 2nde génération pour Linde et Südchemie

« Emeutes de la faim : comment nourrir la planète ? ». Enfin un vrai débat… avec des spécialistes !

Le 5 mai, sur France 2, s’est tenue l’émission Mots Croisés présentée par Yves Calvy. Le thème : « Emeutes de la faim : comment nourrir la planète ? ». Pour une fois, et au grand bonheur de la BioPower Team, une véritable discussion s’est engagée sur le sujet. Première point de satisfaction, les biocarburants n’ont pas été désignés comme de facto les responsables de la faim dans le monde.

L’ensemble des personnes présentes autours de la table a en effet mis le doigt sur les vrais problèmes de la crise. Le seul Jean Ziegler a cru de bon ton de fustiger les biocarburants !

Quelles sont alors les véritables raisons de cette crise ? Il ressortira du débat  plusieurs points cruciaux qui expliquent la crise alimentaire. Tout d’abord, il est très important de noter que tous les ans sur terre il y a 80 millions de personnes en plus ! Cette hausse démographique est non seulement importante (et inédite), mais elle est exponentielle.

D’autre part, l’année dernière, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il y a plus de citadins que de ruraux. Avant les personnes vivant dans les campagnes avaient tous de quoi se nourrir où du moins subsister (potagers, champs…). Aujourd’hui, des personnes meurent de faim dans les villes ! De plus, l’émergence des classes moyennes dans plusieurs pays tels que la Chine et l’Inde a également changé la donne : certains foyers sont passés par ce biais d’un repas par jour à deux.

Toutefois, tous ces facteurs conjoncturels ne sont qu’en partie responsable de la crise alimentaire.

Il est très important de souligner les facteurs structurels qui sont la spĂ©culation financière et la destruction des agricultures locales Ă  cause des importations subventionnĂ©es. En effet, il est important de remarquer comme l’a fait Sylvie BRUNEL (GĂ©ographe, Ex-prĂ©sidente de l’ONG Action Contre La Faim) que les importations, subventionnĂ©es par les pays occidentaux, ont dĂ©sagrĂ©gĂ©es et ruinĂ©es les agricultures locales. Les agriculteurs, ne pouvant alors plus vivre de leur mĂ©tier, ont rejoint progressivement les villes.
Concernant la spéculation, il est important de prendre conscience que les matières premières alimentaires sont devenues au fil des années des produits financiers à part entière. Les mêmes mécanismes financiers s’appliquent à ces matières premières : si un investisseur pense que les prix vont monter, alors, il achètera des matières premières, ce qui fera augmenter les cours et poussera d’autres investisseurs à faire de même ; c’est le b-a-ba de la spéculation financière comme l’a souligné l’économiste Philippe Chalmin (Economiste Spécialiste du des matières premières, Professeur à Paris-Dauphine). De plus, les incertitudes sur le marché renforcent cette spéculation.

Enfin, cette crise est-elle vraiment nouvelle et inédite ? Certainement pas.

Rappelons, comme la soulignĂ© Marcel MAZOYER (Ancien directeur du dĂ©partement Economie et Sociologie Ă  l’INRA, Professeur Ă©mĂ©rite Ă  Agro Paris Tech) que dans les annĂ©es 70 la tonne de blĂ© Ă©tait aux alentours de 600 € contre 300 € aujourd’hui !
Tout ceci pour dire que dans les années 70, je ne crois pas qu’on parlait de biocarburant !
VoilĂ  en tout cas les raisons qui sont Ă  la base de la crise alimentaire.

Et les biocarburants me direz-vous ?

Ce fĂ»t un des thèmes abordĂ©s dans l’émission et bizarrement, lorsque l’on est entourĂ© de spĂ©cialistes, la vĂ©ritĂ© est au rendez-vous. Personne – mis Ă  part Jean Ziegler – n’a accusĂ© les biocarburants comme Ă©tant responsables de la “faim dans le monde”. Pour Philippe Chalmin, les biocarburants ne sont pour rien dans l’augmentation du prix des matières premières : utilise-t-on du riz pour faire du SuperĂ©thanol E85 ? NON, et pourtant c’est la matière première qui a presque le plus augmentĂ©. A Philippe Chalmin de citer pour exemple que sur les 610 millions de tonnes de blĂ© produits tous les ans, seules 1,5 millions de tonnes sont utilisĂ©es pour les biocarburants.

Ce fût ainsi enfin le premier vrai débat (et je souligne le terme « débat ») concernant la crise alimentaire où, excepté pour Jean Ziegler, les pendules ont été remises à l’heure.

Cliquez ici pour voir l’Ă©mission.

NB. Emission diffusĂ©e sur France 2 le 5 mai 2008 Ă  23h15. Liste des invitĂ©s de l’Ă©mission : Jean ZIEGLER, Sociologue, Ancien rapporteur spĂ©cial pour le droit Ă  l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU - Claude ALLEGRE, Ancien Ministre de l’Education Nationale Auteur de ” Ma vĂ©ritĂ© sur la planète” (Editions Plon), Membre de l’AcadĂ©mie des sciences - Alain JOYANDET, SecrĂ©taire d’Etat chargĂ© de la CoopĂ©ration et de la Francophonie - Yannick JADOT, Directeur des campagnes de Greenpeace - Sylvie BRUNEL, GĂ©ographe, Ex-prĂ©sidente de l’ONG Action Contre La Faim - Philippe CHALMIN, Economiste, SpĂ©cialiste du des matières premières, Professeur Ă  Paris-Dauphine, Auteur de « Le poivre et l’or noir » (Editions Bourin) - Antoine GLASER, Journaliste, SpĂ©cialiste de l’Afrique, RĂ©dacteur en chef de “La Lettre du continent” - Marcel MAZOYER, Ancien directeur du dĂ©partement , Economie et Sociologie Ă  l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), Professeur Ă©merite Ă  Agro Paris Tech.

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Le COMOP favorable à la modification de l’éco-pastille pour les flex-fuel

Le COMOP (Comité Opérationnel) du Grenelle de l’environnement n°10 a rendu son rapport à M. le Ministre Jean-Louis Borloo et est disponible ici (lien : Rapport final du COMOP au format PDF). Celui-ci traite du plan de développement des énergies renouvelables à haute qualité environnementale.

Il préconise tout une série de mesures dont plusieurs envers les biocarburants. Ce rapport se base sur la synthèse de la dernière étude ADEME/IFP/MEEDDAT/MAP/ONIGC de mars 2008 pour réaffirmer l’intérêt des biocarburants dans le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans l’utilisation des 20 Mtep (Mega tonnes équivalent pétrole) d’énergies renouvelables.

Pour ces experts du Grenelle, l’objectif est facilement atteignable sans changer le paysage agricole français ou européen. Le potentiel est disponible et n’est en rien incompatible avec notre agriculture actuelle. Il met tout de même le doigt sur les critères environnementaux pour avoir une vraie solution qui permette de faire baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il s’appuie sur la synthèse de l’étude ADEME/IFP/MEEDDAT/MAP/ONIGC de mars 2008 qui réaffirme les gains significatifs de la filière biocarburants française.

Dans une de ces propositions, « Le Comop recommande également de réévaluer rapidement le dispositif « écopastille » tel qu’il s’applique à l’E85 et aux véhicules « flex-fuel » pour le rendre favorable au développement de cette filière. Il recommande également la poursuite d’un soutien aux biocarburants respectant les critères de durabilité. »

Ce rapport du Grenelle préconise donc de continuer à soutenir la filière biocarburant et ses véhicules flex-fuel et l’enterrer serait une erreur à ne pas commettre car les gains environnementaux de la filière française ne sont pas incompatibles avec la filière agricole et les besoins agricoles.

Tout le monde ne met pas tous les œufs dans le même panier et c’est tant mieux ! Pour plus d’informations, vous pouvez lire le rapport entier, ou uniquement de la page 30 à la page 32.

L’empreinte écologique, un outil qui se démocratise

Si la validité de cet outil de mesure de l’impact environnemental des activités humaines est régulièrement remise en question, cela ne semble pas pour autant stopper son expansion. Ainsi, depuis 2005, la SITA (filiale de gestion des déchets de Suez) a mis à disposition des collectivités un calculateur d’empreinte écologique en ligne sur Internet. Applicable uniquement à l’heure actuelle à la phase de collecte de déchets, il permet à celles-ci d’estimer les pertes ou les bénéfices écologiques du système employé. En proposant ce service de simulation, il est possible d’imaginer différents scénarios de réduction de l’impact environnemental, notamment en modifiant le type de véhicules ou de carburants utilisés. A ce jour, 1000 collectivités ont déjà eu recours à cet outil interactif.

fonte-des-glaces-afp.jpg

Remontée en amont, l’empreinte écologique a gagné le secteur de la restauration collective, ce dernier s’étant concentré jusqu’alors sur des suivis exclusivement budgétaire et nutritionnel. Un projet pilote, réalisé dans la cantine d’un lycée agricole breton, a mis en application cette méthode de calcul à titre expérimental. Basée sur différents menus types, l’enquête a révélé que la viande et le poisson représentaient en terme de poids 20 % de la consommation globale mais pesaient pour plus de 70 % dans l’empreinte écologique du repas. Les données recueillies ont également mis en évidence la pertinence d’un approvisionnement local et saisonnier.

Il semblerait que le domaine tertiaire suive la tendance générale et soit de plus en plus sensible à cet outil d’analyse, lequel présente l’avantage d’inclure l’ensemble des salariés à l’effort collectif de réduction de l’impact environnemental (économie de papier, de climatisation…). Aussi, si on peut lui reprocher d’être trop abstrait, cet instrument illustre néanmoins un effort réel de sensibilisation du grand public, en faisant prendre conscience à ce dernier du rôle qu’il a joué dans la préservation de la planète.

Source : CĂ©cile Cassier, d’Univers Nature.

Ethanol : le Brésil table sur une production record cette année.

Le BrĂ©sil devrait enregistrer cette annĂ©e une production record d’Ă©thanol Ă  base de canne Ă  sucre, en hausse de 15 Ă  20% par rapport Ă  celle de 2007, a annoncĂ© mardi la Compagnie nationale d’approvisionnement (Conab).

canne.jpgCet organisme gouvernemental liĂ© au ministère de l’Agriculture table sur une production d’Ă©thanol de 26,4 Ă  27,4 milliards de litres cette annĂ©e. Sur ce total, les exportations devraient atteindre 4,2 milliards de litres, dont 2,5 milliards Ă  destination des Etats-Unis. Les exportations brĂ©siliennes s’Ă©tablissent aujourd’hui Ă  quelque 3,4 milliards de litres. Le BrĂ©sil destine la plus grande partie de son Ă©thanol au marchĂ© intĂ©rieur comme carburant pour les voitures.

La rĂ©colte de canne Ă  sucre, base de l’Ă©thanol, devait Ă©galement atteindre un record avec 607,8 Ă  631,5 millions de tonnes, en hausse de 8,8% Ă  13,1% par rapport Ă  2007. Plus de la moitiĂ© (321 millions de tonnes) sera destinĂ©e Ă  fabriquer le biocarburant tandis que jusqu’Ă  258 millions de tonnes seront consacrĂ©es Ă  la production de sucre (la production de sucre devrait enregistrer une hausse de 12% en 2008, Ă  35 millions de tonnes).

La Conab affirme que le BrĂ©sil dispose aujourd’hui de 276 millions d’hectares de terres arables, dont 72% sont occupĂ©es par des pâturages, 16,9% par des cĂ©rĂ©ales et Ă  peine 2,8% par de la canne Ă  sucre. Le BrĂ©sil, leader mondial avec les Etats-Unis de la production d’Ă©thanol, dĂ©fend la production de biocombustibles dans les pays en dĂ©veloppement comme source de revenus et assure qu’elle est parfaitement compatible avec les cultures vivrières.

Source : AFP 30/04/08

En vacances, restez ou devenez écolo !

Les engagements du Grenelle Environnement traduits dans un projet de loi.

Jean-Louis Borloo présente ce mercredi 30 avril le projet de loi d’orientation et de programmation du Grenelle Environnement.

Face à l’urgence d’agir conte la dégradation de l’état de notre planète, ce projet de loi propose, à travers 45 articles, des mesures notamment pour lutter contre le changement climatique, mieux protéger la biodiversité et les milieux naturels et mieux prévenir les risques pour l’environnement et la santé.

En se fondant sur le consensus social forgé par le processus du Grenelle de l’Environnement, il entend favoriser et accélérer la prise en compte de ces nouveaux défis par tous les acteurs, afin de garantir à la société et à l’économie un fonctionnement durable, et de préserver sur la durée le pouvoir d’achat des Français.

Le projet de loi reprend fidélement les engagements du Grenelle, précise et complète certaines des orientations à partir des propositions émises par les comités mis en place dans la foulée du Grenelle et donne des estimations budgétaires.

Nous vous dĂ©taillons ci-dessous les articles qui concerne plus spĂ©cifiquement le “Rouler Propre” :

Article 2 : Objectif numéro 1 : division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 (ramener les émissions annuelles de la France à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes).
Objectif numéro 2 : devenir l’économie la plus efficiente en carbone de l’UE à l’horizon 2020.
Prise en compte de l’impact des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le prix des biens et des services : amélioration de l’information sur le coût écologique, mise en place de mécanismes économiques incitatifs, système d’échange de quotas d’émissions.

Article 9 (transports) : Objectif : réduire les émissions de CO2 de 20% d’ici 2020 pour les ramener à leur niveau de 1990. Définition des axes d’une politique de transports durable.

Article 12 (transports urbains durables) : Objectif : ramener les émissions moyennes de CO2 du parc automobile de 176 g CO2/km à 130 g CO2/km d’ici 2020.
L’Etat mettra en oeuvre un programme de recherche en faveur du développement industriel de véhicules propres et incitera à des stratégies d’achats groupés avec les collectivités locales, les établissements publics et les entreprises.
Article 13 (Transports Île-de-France) : Lancement d’une rocade par métro automatique autour de Paris. Prolongement d’EOLE en direction de la Normandie. Rénovation de la ligne 13 du métro.

Article 18 (biocarburants) : « La production en France des biocarburants est subordonnée à des critères de performance énergétique et environnementale comprenant en particulier ses effets sur les sols ».
Soutien à la recherche des biocarburants dits de deuxième génération.

Source et détails : Développement-durable.gouv.fr

La mondialisation a aussi ses effets négatifs sur l’environnement.

On parle souvent des technologies vertes et de leur potentiel à l’international. Les compensations carbone qui aident principalement des projets dans des pays en développement afin d’accéder à ces technologies moins polluantes sont aussi très à la mode.
Mais dans un article du Herald Tribune International, on met le doigt sur le transport maritime dont on ne parle pas souvent. Selon leurs estimations, ce secteur émet deux fois plus de gaz à effet de serre que le transport aérien. Le journaliste insiste sur la nécessité de faire payer ce coût écologique afin de forcer ce secteur à faire des efforts de la même façon que le secteur aérien ou l’automobile.

A cela, il me vient aussi à l’esprit un triste point que sont les dégazages sauvages qu’une minorité de personnes pratiques et qui noircissent l’ensemble du secteur.
Une mobilisation mondiale sur ce problème est donc nécessaire afin de faire baisser significativement cette pollution.
Il faut bien ramener cela aux volumes transportés pour bien faire la part des choses. Seulement, cela remet en valeur, à mon sens, le principe de taxe carbone sur les produits qui était timidement ressortit du Grenelle de l’environnement (sorte de bonus/malus si je me souviens bien).
Même si nous sommes actuellement dans un contexte de mondialisation, régionaliser une partie de nos consommations ne serait pas sans intérêt à l’heure actuelle où le prix du transport flambe grâce au cours du pétrole. Le but n’étant pas ici d’être patriote envers son pays, mais plutôt d’être patriote envers sa planète. Il est urgent de réduire nos émissions liées à l’utilisation effrénée du pétrole surtout s’il provient du canada et des sables bitumineux !

Source : Herald Tribune International (édition du 26/27 Avril 2008)
Source Photo :
http://www.institut-polaire.fr/